Un tour du monde de 3 ans sur un calamar heureux

27 septembre 2016 - Publié par tristangesret

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Il y a des mails comme ça qu’on aimerait recevoir plus souvent. Il y a deux mois, nous trouvons un message « Je veux devenir ambassadeur » envoyé depuis le formulaire de contact du site de Poupi. C’était Julie et Victor. Avec leur projet Nantes à L’eau, ils ont décidé de partir trois ans autour du monde, à la voile, et d’embarquer un nuage avec eux. Quelques semaines avant leur départ, nous les rencontrons à Quiberon, où ils préparent leur bateau Happy Squid (calamar heureux).

Un voyage bien mûri

Julie et Victor, les deux acteurs du projet, ont décidé il y a trois ans déjà, qu’un jour ils feraient le tour du monde en bateau. Ça leur trottait dans la tête depuis un bon moment mais c’est il y a trois ans qu’ils achètent le fameux voilier et mettent le pied à l’étrier.
Victor navigue depuis tout jeune, Julie est débutante. Au cours de plusieurs sorties, notamment entre la Bretagne et la Vendée mais aussi avec la traversée du golfe de Gascogne, elle apprend les bases de la navigation et des manœuvres afin de savoir piloter le bateau seule durant le voyage. Ces sorties, parfois de plusieurs jours ou plusieurs semaines, leur permettent aussi de prendre leurs marques, de se se tester, de voir s’ils supportent bien la vie et la cohabitation à bord.

Le bateau en question

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« Happy Squid » est un Gib’s Sea 312. C’est sûrement le roi des bateaux (si tu ne me crois pas : Gib’s Sea king). C’est un voilier de 1989, monocoque, de 9 m de long et 3,3 m de large. Dans une telle aventure, c’est à la fois un moyen de transport mais aussi une habitation. Même s’il était déjà en bon état, il a fallu lui refaire une petite beauté et l’équiper en conséquence. C’est pourquoi tout a été optimisé pour le confort (cuisine équipée, rangements divers, couchages, toilettes), l’autonomie (production d’électricité, réserve d’eau douce) et la sécurité (téléphone satellitaire pour recevoir des bulletins météo notamment, balise GPS, radeau de survie…). Il peut accueillir quatre personnes en navigation et six personnes lorsqu’il est au mouillage (à quai).
Leur bateau est aussi un moyen permettant beaucoup plus d’interaction et de respect avec les locaux (contrairement à une arrivée en avion par exemple). « Notre bateau, c’est un peu notre Poupi à nous ! ».

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L’itinéraire : laisser une part d’improvisation

Lorsqu’on décide de partir pour un temps aussi long, il y a de nombreux paramètres à prendre en compte. Ces derniers obligent forcément à voir et revoir son parcours de nombreuses fois. Même au cours du voyage.
Ses désirs. Qu’attend-on d’un tel voyage ? Battre un record de vitesse ? Naviguer tous les jours ? Prendre le temps de visiter lors des escales ? S’arrêter pour une durée indéterminée lorsqu’on se sent bien ?… Toutes ces questions que l’on se pose avant un départ sont nombreuses et vont déterminer la durée et la longueur du parcours.
La météo. A la voile, on ne peut pas se rendre n’importe où, n’importe quand. Il faut prendre en compte les cycles saisonniers en fonction de la partie du globe où l’on se trouve. Par exemple, de mai à novembre, il est risqué de naviguer dans la mer des Caraïbes car les cyclones sont fréquents.
Le budget. Tout le monde est différent face à la gestion de son budget. Certains utiliseront 15 000 € pour naviguer 3 ans autour du monde, d’autres auront besoin du double pour naviguer 1 an. Quoi qu’il en soit, il y a des frais quasi obligatoires : entretien et réparation du bateau, nuits dans les marinas, consommables (eau, nourriture, gasoil…), frais fixes (visas, douane, communication…), loisirs (bar, resto…).

Après être revenus de nombreuses fois sur leur itinéraire, Julie et Victor ont décidé de se laisser une part d’improvisation. En fonction de tous ces paramètres, de leurs humeurs, de leurs rencontres, ils navigueront plus ou moins loin, plus ou moins longtemps. Un peu à la manière de Bernard Moitessier, le skipper préféré de Victor. « Une fois en Polynésie française on se demandera si on continue ou si on rebrousse chemin… »

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En 2 ans : France (Bretagne) / Madère / Canaries / Sénégal / Cap vert / Petites Antilles / A.B.C / Panama / Les Gualapagos / Polynésie Française / Iles Cook / Iles de la Ligne / Hawaï / USA (côte ouest) / Amérique centrale / Panama / Cuba / Bahamas / USA (côte est) / Bermudes / Açores / France (Bretagne)
En 3 ans :  France (Bretagne) / Madère / Canaries / Sénégal / Cap-Vert / Petites Antilles / A.B.C / Panama / Les Galapagos / Polynésie française / Iles Cook / Samoa / Tonga / Fidji / Nouvelle-Zélande / Australie / Indonésie / Iles de L’Océan Indien / Madagascar / Ile de la Réunion / Afrique du Sud / St-Hélène / Brésil / Petites Antilles / Cuba / Bahamas / USA (côte est) / Bermudes / Açores / France (Bretagne)

Démocratiser la voile

Julie et Victor ont à cœur de rendre leur projet accessible à tous. « Nous voulons expliquer la voile simplement de façon ludique et naïve ». Pour cela, ils possèdent un site Internet très bien fait (et très beau #julielagraphiste) où Victor rédige les articles techniques et Julie retranscrit le quotidien à bord.
Ils veulent aussi encourager et inciter un maximum de personnes à oser à leur tour. Quand ils se sont lancés, ils ne s’attendaient pas à autant de soutien. En fait il y a une communauté très active de 25/35 ans sur Nantes qui préparent des projets similaires ou qui l’ont déjà fait. Contrairement à ce qu’on pense, il n’y a pas que des vieux loups de mer, difficiles à trouver et mystérieux.

Plus généralement, ils veulent prouver que la voile est à portée de tous. Et tous les autres projets d’ailleurs. « Il faut oser, ne faut pas avoir peur de demander de l’aide aux autres et avoir de la volonté ».

 

>> Retrouve toutes leurs photos et leurs actualités sur leur site, leur page Facebook et leur mappemonde ambassadeur <<

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