On a rencontré le plus vieux graffeur du monde

8 mars 2016 - Publié par tristangesret

image couverture kiwie cloud

C’est l’histoire d’un vieillard qui ne voulait pas vieillir. Artiste dans l’âme et pratiquant, John Dick peint depuis des années son petit monstre appelé KIWIE, THE FAT MONSTER. On peut en retrouver aux quatre coins du monde car cet hyperactif âgé ne manque pas une occasion de voyager. La Team Poupi a réussi à l’intercepter à Riga en Lettonie, sa ville d’attache.

 

Le plus vieux graffeur du monde

Né en 1947, cet artiste originaire de Lettonie est sûrement le plus vieux graffeur du monde encore en activité. Alzheimer le guettant, il ne sait pas exactement depuis combien de temps il graffe, mais ce qui est sûr, c’est que ça fait des années… En 2006, il invente son petit personnage Kiwie, The Fat Monster. Depuis, il le peint en permanence. Il a toujours la même forme mais il s’amuse à décliner ses couleurs et à le mettre en scène. Sur papier, sur toile, sur mûr, sur film plastique (Cellograff), petits, gigantesques, ses monstres envahissent peu à peu la planète. Il le dessine même sur l’ardoise Poupi Le Nuage ! Bref aucun support, aucune technique ne lui échappe lui qui accorde « une très grande importance aux détails. »

 

Kiwie le globe-painter

Le but de John Dick est de sillonner la planète et la peindre. Il espère qu’un jour ses petits monstres seront présents dans les 197 pays du monde. L’avantage, c’est qu’il fait partie de la communauté très privée des street-artistes et les « connexions sont plutôt faciles. » Dès que le travail d’un artiste l’intéresse, il le contact et le rendez-vous pour peindre ensemble est pris. Seul ou avec d’autres artistes, il organise de nombreuses expositions (« Beneath » – 2009, « Steal me » – 2012, …). Il est aussi beaucoup sollicité par les festivals ou événements liés au street-art ce qui lui permet là encore de voyager énormément. Il a d’ailleurs visité presque toute l’Europe !

Il a même été peindre à Dubaï. Invité par l’Émir (oui monsieur !), il détient depuis un record du monde. Avec 150 autres artistes, il a réalisé une fresque de 2,245 km de long ! C’était une expérience de folie nous raconte-t-il car malgré les apprioris, « la scène graffiti de Dubaï est très active. »

 

Dubai graffiti kiwie monster world record

John Dick posant fièrement devant son Kiwie réalisé sur la plus grande fresque du monde, à Dubaï.

Do what you love, fuck the rest

Après avoir parlé longuement de graffiti et de voyage, la discussion prend un tournant plutôt philosophique. Kiwie nous parle de sa vision du monde et de la vie en générale. Il est convaincu que l’important dans la vie c’est de voyager et de faire vraiment ce qui nous plaît. « Je ne juge personne, mais la plupart des gens ont des vies ennuyeuses », nous confie-t-il. Avec son expérience, il a remarqué qu’à la base, chacun est libre. Mais la société dans laquelle on évolue est perverse et nous pousse à s’imposer des contraintes et « c’est nous-même qui construisons notre propre prison. » Alors un conseil, « Do what you love and fuck the rest » – traduis « Fais ce que tu aimes, laisse tomber le reste ». Il ajoute, « en société, nous portons tous un masque, essayons au moins de choisir le bon. » A méditer…

On comprend ainsi mieux son hyperactivité. D’ailleurs, si grand-père ne graffe pas, il fait des t-shirts, des vidéos, des illustrations, on le sollicite même pour des clips ! Quelle classe papi !

 

 

POUR EN SAVOIR PLUS :

Retrouve le travail de John Dick et ses Kiwie Monsters sur son site www.thekiwie.com et sur sa page Facebook.

 

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